Dès que j'apparais quelque part, c'est la phrase rituelle qui est prononcée : "Michel, toi qui est au coeur de la distribution, que se passe-t-il ? Comment ça va le commerce en ce moment ?" Bien loin de moi l'idée de me prétendre un quelconque magicien qui, du haut de sa tour de Babel, verrait les plaines et les montagnes, le passé, le présent et le futur. Mais j'observe, j'observe et je discute, beaucoup, avec des acteurs dans différents secteurs qui touchent ce si large monde du commerce ; et forcément je me fais une opinion... Deux secteurs sont en pleine croissance : le bio et les sex toys (+ 25% en 2010) ! Ce n'est certes pas une plaisanterie, mais bien la démonstration de l'état d'esprit actuel de notre cher "consommateur" que je préfèrerai appeler le "butineur" : il se balade sur le net, dans les rues et dans les centres commerciaux et, oh magie ! de temps en temps, il lâche sa carte bleue. Angoisse et plaisir, ce sont les deux moteurs de nos butineurs aujourd'hui. Le monde est plein d'incertitudes : le monde arabe est en pleine révolution et personne ne peut en prédire l'issue, mais chacun sait qu'elle aura des conséquences géopolitiques et économiques de grande ampleur. Les jeunes vivent dans un profond malaise, c'est une forte réalité qu'il ne faut surtout pas minimiser, et cela me fait mal. 200 personnes viennent de mourir de la grippe en France. Certes, on est loin du syndrome de panique du H1N1 et des 800 millions d'euros dépensés l'an dernier au nom du fameux "principe de précaution", mais les menaces qui pèsent sur la santé sont toujours là. Après la vache folle, l'oiseau et le cochon fous, que va-t-il bien nous tomber sur la tête ? Des hippopotames volants qui auraient attrapé la dingue ? Et comme si ces sources d'anxiété ne suffisaient pas, les donneurs de leçons climatiques nous affolent avec la planète. Alors je consomme bio-bio pour sauver la terre, mais quelle culpabilité ! Heureusement les sex toys sont là pour me laisser aller, pour me décomplexer et pour me laisser vivre dans des futilités où enfin, on ne me parlera plus ni du trou d'ozone ni du bilan carbone ni du revenu des agriculteurs. Dans ce nouvel équilibre économique où la consommation ne dépassera pas les 0,5 à 1% de croissance pendant quelques années, il ne nous reste plus qu'à nous précipiter sur le bio-bio et les sex toys. Au-delà de cette forte image, une réalité économique quand même, les distributeurs de toutes tailles ont compris depuis le début de la fameuse "crise" qu'il fallait dorénavant gérer en croissance 0. Cela sous-entend que le développement du chiffre d'affaires ne peut plus venir que de la capacité des entreprises à prendre des parts de marché sur leurs concurrents, tous types de concurrents, ceux de mon métier et ceux d'ailleurs mais qui pèsent aussi sur la carte bleue du butineur. Je gage que l'on va assister à un développement de l'innovation commerciale comme on n'en avait pas encore vu depuis longtemps. Tout va être bon pour conquérir cette part de marché : stratégie multicanal (le combat magasin - web est totalement dépassé) ; capacité à utiliser les nouveaux outils de la mobilité (smartphones, e-tablets, géolocalisation ; prospectus dématérialisés et tutti quanti) ; réenchantement des magasins et des centres commerciaux pour toujours mieux séduire un butineur qui maintenant vibre au son des sex toys ; embauche de community managers, jeunes, très jeunes, pour être les premiers à savoir tirer toute la substantifique moelle des réseaux sociaux ; et tout cela en étant performant dans un enjeu essentiel, le PRIX. Alors chers amis qui allez me demander comment va le commerce, ouvrez grands tous vos sens, la révolution de l'innovation commerciale est en mouvement ! A nous d'être aux premières loges et d'en être des acteurs privilégiés !
L'iphone 4G est lancé en France par Apple. Les opérateurs vont offrir à leurs clients de racheter leurs anciens mobiles.
Ils seront recyclés par des entreprises d'insertion et revendus à des particuliers. L'an dernier, Celio avait monté une belle opération commerciale : ils proposaient 20 € pour un vieux jean contre l'achat d'un jean neuf. Les jeans repris étaient offerts à une entreprise caritative dépendant d'Emmmaüs. Ils étaient alors transformés en isolant thermique écologique. Ce type d'initiatives va se développer. Elles entrent dans de grands courants qu'affectionnent particulièrement les individus tout en répondant à leurs contradictions : arrêter le gâchis mais s'offrir du neuf / aider les personnes en difficulté mais sans s'investir personnellement / acheter moins cher tout en faisant une bonne action. Plus que jamais ce n'est pas la déconsommation qui est à l'ordre du jour mais la faculté des entreprises de distribution à proposer à leurs clients de consommer "plus malin, plus intelligent, plus social, moins cher".
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